Les sociétés GSM au BENIN
Les sociétés GSM ( Gobal System f or Mobile Communication) sont arrivées au Bénin dans la droite ligne du développement des Nouvelles Techniques de l’Information et de la C ommunication. En arrivant au Bénin, elles prennent les couleurs béninoises, les couleurs ambiantes pas toujours très gaies. Allons voir d’un peu plus près.
Comme tout le monde le sait, il y a, au Bénin, cinq Sociétés GSM. Il s’agit de LIBERCOM, de MOOV, de BELL BENIN, de MTN et de GLO. Et pourtant le coût de la communication est toujours excessivement élevé. Quotidiennement ces sociétés pompent nos sous avec rage et sans pitié. Prenez par exemple GLO qui est la dernière société GSM arrivée sur le marché béninois. Lorsque GLO a été annoncée, les Béninois étaient partagés en deux groupes. Un premier groupe de personnes a dit que les Nigérians ne font jamais rien de bon et de sérieux, qu’ils vont nous arnaquer et voler nos sous. Un autre groupe a dit que la communication au Bénin allait enfin coûter moins cher, que GLO allait forcer les autres sociétés GSM à baisser le coût de la communication. J’étais de ce dernier groupe. J ‘ai parié qu’on avait rien à craindre. Que pour une fois les entrepreneurs nigérians allaient favorablement nous surprendre. J’ai donc par conséquent pris une carte SIM, j’en ai même offert à des amis, tellement j’y ai cru. Au départ les dirigeants de GLO ont parlé de compte promo pour nous appâter et ils faisaient beaucoup de publicité. Puis, lentement le compte promo a disparu, je ne sais d’ailleurs pas comment. Au fond, le coût de la communication n’a véritablement jamais baissé malgré le nombre des sociétés GSM sur le marché béninois. J’ai, pour ma part, l’impression que toutes ces sociétés se sont entendues pour nous proposer des prix supposés abordables mais qui au fond sont très élevés. Le consommateur béninois ne peut rien contrôler et ne peut rien contre ces sociétés. Personne ne prend la défense de ce consommateur De temps en temps, on lui dit seulement qu’il ne peut plus communiquer, qu’il n’a plus de crédit ou bien que son crédit est insuffisant ou encore, qu’il dispose de moins d’une minute. Mais il faut que le consommateur béninois sache que comme dans les autres domaines de la vie sociale, c’est lui-même qui doit assurer sa propre défense et qu’il n’y aura jamais de sauveur pour lui. Le consommateur doit s’organiser pour empêcher les sociétés GSM de continuer à l’escroquer. La communication doit baisser au Bénin.
S’agissant de l’Internet, GLO et les autres sociétés GSM se sont emparées de cette technologie face à l’incapacité de Bénin Telecom SA d’offrir aux internautes des services de qualité,incapacité consécutive à la démission manifeste du gouvernement béninois et de son peu d’ambition pour le pays dans ce domaine. Par la pratique qu’elles nous montrent, ces sociétés estiment même que l’Internet est un luxe pour le citoyen béninois. Elles font comme si elles ne voulaient pas comprendre qu’il s’agit avant tout d’un outil de développement. Voici l’expérience que j’ai eue avec GLO dans le domaine de l’Internet. J’ai souscrit un abonnement de 5000 francs mensuels. Les amis qui m’ont conseillé, m’ont averti que je devrais attendre la fin du mois avant de souscrire mon abonnement sinon GLO allait me couper à la fin du mois. Je n’ai pas tenu compte de leur avertissement parce que je pensais que GLO était une entreprise moderne et j’ai souscrit mon abonnement un 25 du mois. Eh bien ! Mes amis ont eu raison. En effet, quelques jours seulement après mon abonnement pour lequel j’ai payé 5000 francs le 25 courant, j’ai été coupé par GLO avec le préjudice qu’on peut imaginer. J’ai donc dû payer 5000 francs de nouveau au début du mois suivant.
Pendant de nombreux mois, j’ai apprécié la connexion à glointernet. En Juillet 2010, les difficultés de connexion ont commencé. Au début, je n’ai pas compris qu’il s’agissait de coupure par GLO. J’ai pensé qu’il s’agissait de problèmes indépendants de GLO. Puis, comme les difficultés ont continué, j’ai émis l’hypothèse de la coupure par GLO. J’ai alors crédité mon compte de cinq cents francs. Résultat. GLO a pris les sous et n’a pas permis la connexion. J’ai ajouté un autre crédit de cinq cents francs. Cela fait 1000 francs de crédit. C’est seulement à partir de cet instant que GLO m’a permis de me connecter.
Les 1000 francs ne m’ont pas permis d’avoir plus de trois heures de connexion. Le dimanche 25 juillet 2010, j’ai crédité mon compte de 1000 francs. J’ai pu avoir la connexion pendant 1heure 30. Le lundi à 12 heures, j’ai voulu me connecter. Cela a été impossible. Le 27 Juillet je crédite mon compte de 1000 francs. Je n’ai pu me connecter que pendant une heure 20 minutes en gros. Après cette expérience, j’ai dû renoncer à remettre mes sous à GLO. Je suis allé dans un cyber. Pour les sous que GLO m’a bouffés, j’aurais eu plus de 20 heures de connexion dans ce cyber . Le dimanche 1er Août 2010, j’ai tenté la connexion par hasard et cela a marché pendant deux heures 50 minutes. Le 2 Août, je me suis connecté en gros pendant 45 minutes. Le même jour, j’ai crédité mon compte pour l’abonnement mensuel du mois d’Août pour 5000 francs. Je me suis connecté pendant 18 minutes en gros le 2. Le 3 Août 2010 dans la matinée j’ai eu la connexion pendant 2heures 25 minutes. Dans l’après-midi , il était déjà devenu impossible de me connecter. Intrigué par ce qui m’arrivait, j’ai téléphoné à l’un de mes amis, celui qui m’avait conseillé GLO pour l’abonnement à l’Internet. Il lui est arrivé exactement ce qui m’est arrivé au cours du mois de Juillet.
Les dirigeants de GLO ne s’informent même pas sur le coût de la navigation dans le pays pour savoir qu’avec 5000 francs, le Béninois peut avoir la connexion pendant plus de 20 heures. Dans ce dossier, GLO n’a pas fait preuve de professionnalisme.
Pendant que la connexion marchait assez bien, j’ai convaincu l’un de mes amis à s’abonner à GLO pour l’Internet. Et il a pris la décision de le faire. Il a acheté l’outil qui devait lui permettre de pouvoir naviguer. Il est ensuite allé dans le bureau de GLO à Porto-Novo en vue d’accomplir les formalités. Là, les dirigeants de GLO lui ont dit qu’il n’y a pas de cartes SIM pour l’abonnement de 5000 francs. Mon ami, qui n’a pas connaissance de mes problèmes avec GLO, s’est déplacé de Porto-Novo à Cotonou pour régler son problème de connexion internet. Arrivé à Cotonou, lui qui pensait être en retard, s’est retrouvé cloué sur les sièges pendant longtemps avant l’arrivée des agents de GLO. La dame responsable de son accueil, tente pendant de longues minutes de le dissuader de prendre l’abonnement de 5000 francs. Elle lui propose l’abonnement de 20000 francs par mois. Donc nos abonnements de 5000 francs ne suffisent plus à GLO. Il faut que nous lui laissions tout notre salaire du mois. C’est notre argent seul qui l’intéresse. Vous voyez ? Il faut que GLO grossisse rapidement et que nous autres nous disparaissions encore plus vite. Finalement la dame de GLO lui demande de présenter ses dossiers pour les formalités. A-t-on vraiment besoin de formalités particulières pour aller sur le net et naviguer ? Mon ami fournit toutes les pièces demandées. La dame contrôle les papiers et déclare qu’ils ne sont pas en règle. Pourquoi ? demande mon ami. Votre facture de la SBEE date de Février 2010 donc ce n’est pas acceptable. Il faut que cela date de moins de trois mois Monsieur ! dit –elle. Mon ami range ses affaires et abandonne les bureaux de la dame qui est venue le trouver là. Avec les dirigeants de GLO, les clients sont des mendiants et ils ne méritent que mépris. En remontant dans sa voiture, mon ami découvre la quittance SBEE de Juillet 2010. Il revient en disant que cela devrait marcher. Erreur ! Les textes sont les textes, lui répond la consciencieuse !!! dame.
Mon ami a quitté Porto-Novo pour régler le problème de son abonnement à glointernet. Il retourne bredouille à Porto-Novo parce que GLO a très bien éduqué ses agents.
Ainsi, comme vous pouvez le constater, c’est GLO qui aujourd’hui me dit que j’avais tord de croire aux dirigeants de GLO ; c’est GLO qui par sa pratique me dit que je n’avais rien à attendre de GLO. Cela ressemble à une véritable arnaque. A partir de ce qui est arrivé à mon ami qui voulait s’abonner, j’ai compris que GLO veut obliger tout le monde à un abonnement de 20000 francs ,ce qui est une rupture du contrat que nous avons signé avec GLO. Si GLO rompt unilatéralement le contrat, les dirigeants ne s’exposent à rien puisqu’ils ont écrit seuls le contrat que nous avons signé avec eux. Le contrat n’est pas le résultat d’une négociation entre GLO et les abonnés. Tout le monde connaît les contrats que proposent les multinationales aux consommateurs. Dans le contrat que GLO nous a fait signer, il n’y aucun endroit où sont mentionnés les services Internet que doit fournir GLO à ses abonnés, et il n’y a rien sur la tarification. La tarification qui a cours sur le marché béninois est fondée sur la durée. J’ai le sentiment d’avoir été floué. Oui j’ai un profond sentiment d’avoir été victime d’une arnaque. L’Internet est un outil de développement, donc un outil qui peut permettre de vivre mieux. Les outils, qui, ailleurs permettent le développement, deviennent, dans notre pays un véritable frein au développement. Tout ce qui permet aux populations ailleurs de mieux vivre, devient au Bénin dans les mains de ceux que vous voyez, un outil qui conduit à la détérioration des conditions de vie des populations. Avec l’arrivée de GLO nous espérions que le coût de la communication allait baisser. Nous nous sommes bien foutu le doigt dans l’œil. Si on ramasse nos sous sans contre partie, on détériore nos conditions de vie. Dans les pays développés il est interdit que des sociétés concurrentes s’entendent pour pratiquer le même prix ou des prix similaires.
Et maintenant que faut-il faire ?
Il est nécessaire que tous les Béninois prennent conscience de la situation du coût excessif de la communication et de tout ce qui touche aux NTIC. Il faut que les Béninois commencent à réfléchir aux actions qu’il convient d’entreprendre pour s’opposer à cette arnaque. Parce que le Gouvernement du Bénin qui est sensé défendre les intérêts des Béninois les a livrés pieds et poings liés aux sociétés GSM. N’allez surtout pas vous demander pour quelle raison. Sur des questions d’intérêt national, il nous faut rompre le silence car le silence des bons fait plus de mal que le mal des mauvais. Il faut que les bons prennent la parole envers et contre tous.
GORAS GAGLOZOUN
